← Notes pour une théorie de l'attention
Chapitre 3 · 3
Ce qui en découle
Si l'attention se conserve et que ses rendements décroissent, quelques conséquences pratiques en découlent, qu'il vaut la peine d'énoncer franchement.
La première concerne l'information, non l'attention elle-même. Une abondance d'information crée une pauvreté d'attention (Simon, 1971) : chaque nouveau flux, notification et onglet est une revendication sur un budget fixe, et les revendications dépassent désormais de loin ce que le budget peut honorer. Figure 1 montre la forme du problème — la ligne de l'offre est plate tandis que la demande grimpe sans limite.
La deuxième conséquence concerne la conception. Tableau 1 rassemble quelques interventions et ce que chacune fait au budget. Notez qu'elles ne sont pas équivalentes : certaines ajoutent de l'offre à la marge, d'autres réduisent simplement le nombre de revendications.
| Intervention | Agit sur | Effet |
|---|---|---|
| Regrouper les tâches similaires | Le prix | Moins de changements de contexte coûteux |
| Supprimer un flux | La demande | Une revendication permanente de moins |
| Un seul plan quotidien | La répartition | Égalise le rendement marginal entre les tâches |
La troisième conséquence est personnelle, et le modèle du chapitre précédent l'implique déjà : parce que l'optimum n'est ni la monomanie ni la dispersion, une bonne journée en est une qui tient un petit nombre de tâches au point où leurs rendements marginaux sont à peu près égaux — puis, surtout, défend cet arrangement contre la marée permanente des revendications du jour.
Rien de tout cela n'est un système de productivité. C'est plus proche d'une contrainte : dépensez le seul budget que vous ne pouvez pas faire croître comme si vous ne pouviez pas le faire croître.