← Notes pour une théorie de l'attention

Chapitre 1 · 3

Le problème de l'attention

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Il y a plus d'un siècle, William James le disait simplement : tout le monde sait ce qu'est l'attention (James, 1890). Nous la ressentons comme l'acte de prendre possession d'un objet parmi plusieurs possibles — un retrait de certaines choses afin de traiter efficacement les autres.

L'ennui est que cette certitude quotidienne se dissout dès que l'on tente de la budgéter. Nous parlons de « prêter » attention, de « dépenser » du temps, de tâches « bon marché » ou « coûteuses », et pourtant nous planifions nos journées comme si l'attention était gratuite et divisible à l'infini. Elle n'est ni l'un ni l'autre.

Traitons-la plutôt comme un économiste traiterait n'importe quelle ressource rare : quelque chose dont l'offre est fixe sur un intervalle donné, dont le prix monte avec la demande, et dont les coûts d'opportunité se paient, que nous les remarquions ou non. Le reste de ce livre suit ce seul geste jusqu'à quelques-unes de ses conclusions — en commençant, au chapitre suivant, par un modèle assez petit pour être écrit.

Références

James, W. (1890). The Principles of Psychology.